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E-commerce au Luxembourg : pourquoi si peu d'entreprises vendent en ligne
Selon Eurostat, seules 12,2% des entreprises luxembourgeoises ont vendu en ligne en 2023, la part la plus faible de l'UE. Un chiffre qui concerne les dirigeants de commerce, d'artisanat et de PME du pays.

Seules 12,2% des entreprises luxembourgeoises ont réalisé des ventes en ligne en 2023, la proportion la plus faible de toute l'Union européenne selon Eurostat. Ce chiffre concerne directement les dirigeants de commerce, d'artisanat et de PME qui envisagent de lancer ou de développer une activité de vente en ligne au Luxembourg.
Un paradoxe chiffré : le Luxembourg en queue de peloton européen
Le contraste est net. D'un côté, les résidents luxembourgeois figurent parmi les plus gros acheteurs en ligne d'Europe, souvent sur des plateformes étrangères. De l'autre, à peine plus d'une entreprise luxembourgeoise sur dix vendait en ligne en 2023, ce qui place le pays juste devant la Roumanie (14,7%) et la Bulgarie (15,1%) en bas du classement européen, selon les données publiées par Eurostat le 27 février 2025. L'année précédente, la situation n'était pas meilleure : en 2022, 13,4% des entreprises luxembourgeoises pratiquaient la vente en ligne, contre 22,9% en moyenne dans l'UE, soit un écart de 9,5 points selon la publication Eurostat du 26 février 2024. Deux années de suite, le Luxembourg s'est ainsi classé parmi les deux pays de l'UE affichant la plus faible proportion d'entreprises vendant en ligne, alors même que le taux d'équipement internet des entreprises y est élevé.
| Indicateur | Luxembourg | Moyenne UE |
|---|---|---|
| Entreprises vendant en ligne, 2022 | 13,4% | 22,9% |
| Entreprises vendant en ligne, 2023 | 12,2% | plus élevée (Luxembourg en avant-dernière position, devant la Roumanie et la Bulgarie) |
D'où viennent ces chiffres : l'enquête TIC du STATEC
Ces données ne tombent pas du ciel. Elles proviennent de l'enquête annuelle sur l'utilisation des technologies de l'information et de la communication (TIC) que mène le STATEC auprès des entreprises luxembourgeoises, une enquête qui couvre notamment leurs pratiques de commerce électronique et qui alimente ensuite les statistiques transmises à Eurostat, comme le rappelle l'institut dans son actualité du 2 juin 2025 annonçant le lancement de la campagne 2025. Concrètement, c'est cette enquête qui permet de savoir, année après année, quelle part des entreprises du pays vend réellement en ligne, au-delà des impressions ou des discours sur la transformation digitale.
Ce que cela signifie pour le commerce, l'artisanat et les PME
Pour un dirigeant luxembourgeois, ce retard statistique n'est pas qu'une curiosité macroéconomique. Il traduit une réalité de terrain : beaucoup de commerces, d'artisans et de petites structures continuent de fonctionner sans canal de vente en ligne structuré, alors que leurs clients, eux, ont largement pris l'habitude d'acheter sur internet, y compris auprès d'enseignes étrangères. Chaque point de pourcentage d'écart avec la moyenne européenne représente autant de chiffre d'affaires qui part potentiellement vers des concurrents mieux équipés numériquement, en particulier dans un marché aussi ouvert et transfrontalier que le Luxembourg. Le sujet touche large : commerce de détail, artisanat (métiers de bouche, décoration, services à la personne), mais aussi PME de tous secteurs qui pourraient élargir leur zone de chalandise au-delà des frontières nationales. À ce titre, les entreprises qui vendent déjà, ou envisagent de vendre, à des clients dans d'autres pays de l'UE doivent aussi anticiper leurs obligations en matière de TVA, un sujet que nous détaillons dans notre article sur le guichet OSS pour les vendeurs luxembourgeois.
Les dispositifs pour se lancer ou relancer une activité en ligne
La bonne nouvelle, c'est qu'il existe des points d'appui concrets pour les entreprises qui veulent combler ce retard. La Chambre des Métiers propose un accompagnement gratuit aux entreprises artisanales via son programme eHandwierk, avec des modèles concrets allant de la marketplace locale Letzshop à la création d'une boutique en ligne propre, en passant par la vente via les réseaux sociaux ou le click and collect, selon la page dédiée de services.cdm.lu. Avant de choisir une solution, deux étapes techniques mais incontournables sont à sécuriser dès le départ : le nom de domaine, avec ses propres règles d'enregistrement au Luxembourg que nous détaillons dans notre article sur l'enregistrement d'un nom de domaine .lu, et la conformité du site aux obligations d'accessibilité numérique, un sujet couvert dans notre article sur les obligations légales d'accessibilité des sites au Luxembourg.
Trois questions à se poser avant de lancer ou relancer la vente en ligne
Avant d'investir du temps et du budget dans un projet de vente en ligne, ou de relancer une boutique existante, trois questions permettent de cadrer le projet :
- Où en est réellement mon activité par rapport à mon secteur : ai-je un canal de vente en ligne fonctionnel, ou est-ce que je m'appuie encore uniquement sur un point de vente physique ou des réseaux sociaux non transactionnels ?
- Vers quels clients est-ce que je veux vendre : uniquement des résidents luxembourgeois, ou aussi des clients dans les pays voisins, ce qui implique des obligations de TVA transfrontalière ?
- Quel accompagnement puis-je mobiliser avant de me lancer seul : l'eHandwierk de la Chambre des Métiers propose justement des modèles déjà éprouvés plutôt que de repartir de zéro ?
Le constat du STATEC et d'Eurostat n'est pas une fatalité, c'est un point de départ. Il rappelle qu'au Luxembourg, l'écart ne se situe pas du côté de la demande des consommateurs, mais du côté de l'offre des entreprises, ce qui laisse une marge de progression réelle pour les dirigeants qui décident de s'y attaquer méthodiquement.

